13/06/2008

13/06/08 - 00:01

Comme quoi, avec quelques millions de dollars j'aurais pu réaliser un film à succès...

J'avais écrit cette histoire le 31 janvier 2007 ... Finalement les grands esprits se rencontrent, à moins que ce soit la marque au contraire d'une certaine banalité...

La Révolution de papier

Tout avait commencé par une découverte presque fortuite. L'on s'était rendu compte que les arbres communiquaient entre eux au moyen d'ondes. Celles ci étaient provoquées par la contractions des canaux transportant la sève. Chaque arbre émettait une onde qui lui était propre. Les feuilles ne servaient pas qu'à la photosynthèse, elles agissaient comme autant de récepteurs hyper sensibles.

Ce fut une révélation. Personne jusqu'à présent ne s'était douté que les arbres étaient doués d'une certaine forme d'intelligence. Des études approfondies révélèrent que si un arbre était attaqué par le froid, le feu ou même par l'homme, les arbres situés à proximité resserraient les vaisseaux transportant la sève pour les rendre plus denses et donc plus résistants. L'information pouvait ainsi parcourir des kilomètres à une vitesse hallucinante, il suffisait qu'il y ait toujours un arbre assez proche d'un autre. Bien sûr, les arbres ne pouvaient rien contre le feu ou l'homme et l'on était parvenu à mesurer un degré de stress supérieur lorsque ceux ci étaient à l'origine des perturbations.

Mais le plus étonnant était à venir. On découvrit que les ondes produites par les arbres étaient aussi perçues par le bois mort, le papier et tous les matériaux constitués de ces matières. Celles ci, bien que dépourvues de vie pouvaient ainsi réagir lorsqu'un arbre se trouvait à proximité. Elles étaient en revanche incapables d'émettre quoique ce soit.

Ces découvertes, pour révolutionnaires qu'elles soient n'avaient pas pour autant changé les mentalités des hommes qui continuèrent à dévaster les forêts pour leurs besoins ou simplement pour leur enrichissement. Lorsque les premières morts eurent lieu il était déjà trop tard. Au début personne ne s'était aperçu de quoi que ce soit, l'on attribuaient les coupures provoquées en manipulant le papier à de la maladresse. Puis les coupures se firent plus nombreuses, plus profondes au point de blesser gravement.

On ne comprit que trop tard le phénomène: le stress grandissant des arbres avait amplifié les ondes qu'ils produisaient. Ces ondes étaient devenues si puissantes qu'elles étaient en mesure de déplacer tout ce qui était fait de papier dans un mouvement si rapide qu'une feuille pouvait trancher n'importe quoi.

Très vite on se rendit compte que ces vibrations n'étaient pas des impulsions involontaires. Elles se produisaient seulement lorsqu'un être humain se trouvait à proximité d'une feuille, quelle qu'elle soit. Il suffisait qu'un arbre se trouve à moins d'un kilomètre de celle ci.

Dans l'urgence deux mesures furent prises par les autorités: Abattre tous les arbres se trouvant à moins d'un kilomètre des aglomérations et surtout supprimer tout ce qui pouvait constituer pour ceux ci une arme. L'on enferma les livres dans des coffres, on développa l'informatique, l'on chercha à inventer des substituts à toutes les activités nécessitant l'usage du papier. Mais le phénomène avait été si rapide que l'homme fut pris de court et très vite, il se trouva dans une situation inextricable.

Plus de livres, plus manuels, de notices, de formulaires, plus de lettres, plus d'enveloppes, plus de publicités, plus d'emballages, de publications, d'éditions, plus de dessins, d'affiches, de tickets. Plus de billets.

Sans papiers pour ordonner, s'organiser, élaborer, l'hommes n'était plus en mesure de riposter de façon efficace. Il ne pouvait que composer, essayer de négocier. Mais rien ne semblait apaiser ces ondes meurtrières. ni les sacrifices, ni les offrandes. Il ne put qu'attendre.

http://blog.williamsauron.gayattitude.com/20070118232105/la-revolution-de-papier/

commentaires

13/06/08 - 23:51

M. Night Chienmalade doit forcément être sur GA...

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.