19/05/2008

19/05/08 - 18:53

Oscar Pistorius, l'homme aux jambes en fibres de carbone, va-t-il exaucer son rêve de participer, au milieu des sprinteurs valides, aux Jeux olympiques de Pékin ? Plus aucune loi, en tout cas, ne l'en empêche. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), la plus haute autorité de la justice sportive, saisi par ce jeune handicapé sud-africain de 21 ans, a levé vendredi 16 mai l'interdiction édictée en janvier par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF).

Reste, pour l'athlète, un obstacle de taille. Il lui faut réussir la performance minimale requise pour se qualifier aux Jeux sur sa distance de prédilection, le 400 mètres. Son record personnel s'élève à 46 s 46, contre un temps exigé de 45 s 85.



Né sans péronés, Oscar Pistorius a été amputé au-dessous des deux genoux à l'âge de 11 mois. Il a donc appris à marcher avec des prothèses. A Athènes, en 2004, le jeune homme a gagné le titre des Jeux paralympiques sur 200 mètres. En 2007, après une progression fulgurante, il a terminé à la 2e place du 400 mètres des championnats sud-africains pour valides. Et il a fait savoir son désir de pouvoir participer aux Jeux.

L'IAAF s'y est opposée. Elle n'a pas placé le débat sur le terrain mouvant de l'éthique, mais sur celui de la technique. Une enquête a été commandée à un expert allemand, le professeur Gert-Peter Brüggemann. Il s'agissait de déterminer si, paradoxalement, les prothèses ne constituaient pas un avantage par rapport aux valides.

La question s'est notamment orientée vers le rebond né de la flexion des lames de carbone. L'enquête a conclu que les prothèses de l'athlète, un modèle baptisé "Cheetah", produisaient de l'énergie. L'IAAF a donc prié Oscar Pistorius, qui avait participé aux meetings de Rome et de Sheffield, de retourner se mesurer aux invalides.

Le Sud-Africain a contre-attaqué en février en saisissant le TAS. Entre-temps, une étude du professeur Hugh M. Herr, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a conclu que les prothèses n'offraient aucun avantage.

Le TAS a considéré que "l'IAAF n'avait pas apporté la preuve que les effets biomécaniques de l'usage d'une telle prothèse donnaient un avantage à Oscar Pistorius par rapport aux autres athlètes n'utilisant pas un tel équipement". Le TAS précise que son avis ne concerne que le cas d'Oscar Pistorius, avec ce type de prothèse, et n'exclut pas que "l'IAAF soit en mesure de prouver ultérieurement que le modèle (de prothèse) donne un avantage à Oscar Pistorius".

" (La fédération) accepte la décision du TAS, et Oscar sera bienvenu quel que soit l'endroit où il coure cet été, a réagi le président de l'IAAF, Lamine Diack. Il est une source d'inspiration, et nous attendons avec impatience de pouvoir admirer sa réussite dans le futur."

Oscar Pistorius, lui, a clamé sa joie. "Je suis extatique. J'ai pleuré en apprenant la décision. C'est une bataille qui n'a que trop duré. C'est un grand jour pour le sport. C'est un jour historique pour l'égalité des personnes handicapées."

S'il a peu de chances de parvenir à se qualifier individuellement pour les Jeux de Pékin (du 8 au 24 août), Oscar Pistorius peut toujours espérer être retenu dans le relais 4 × 400 mètres de l'Afrique du Sud, si ce pays se qualifie, ce qui n'est pour l'instant pas le cas. La décision de le sélectionner ou non incomberait alors aux seuls entraîneurs, aucun chrono personnel n'étant exigé.

Plus sûrement, le jeune athlète devrait participer aux Jeux paralympiques (du 6 au 17 septembre), qui ont également lieu dans la capitale chinoise, en rêvant des Jeux de Londres, en 2012.


(Le Monde)

commentaires

19/05/08 - 20:41

… Et beau gosse !

20/05/08 - 17:59

Vraiment chapeau!

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