22/02/2008

22/02/08 - 00:53

Le caoutchouc qui se régénère tout seul

Une nouvelle matière élastique qui se répare d'elle-même sans être collante et ouvre la voie à la fabrication de produits "autocicatrisants" a été mise en point par des chercheurs français, qui publient leurs résultats dans la revue Nature à paraître jeudi. Cette matière, synthétisée à partir d'acide gras d'origine végétale, est composée de petites molécules qui s'assemblent en réseaux supramoléculaires lesquels, s'ils sont rompus, se réassemblent d'eux-mêmes pour retrouver leur forme et leur élasticité initiales. Parmi les applications possibles, des tissus pour des vêtements dont les trous se rebouchent d'eux-mêmes, des semelles de chaussures indéformables ou encore des jouets cassés qui se remettent en état tout seuls au pied du lit de leurs jeunes utilisateurs. Certaines pièces détachées de moteurs pourraient également "s'autoréparer" sans avoir besoin de passer entre les mains du garagiste.



"Le processus de rupture et de réparation peut être répété de nombreuses fois", expliquent dans Nature M. Leibler et les collègues de son laboratoire. Le groupe chimique Arkema mène avec le laboratoire Matière Molle et Chimie depuis 2000 des recherches conjointes dans le domaine de la chimie des matériaux supramoléculaires et a commencé à développer des applications industrielles en 2004.

Dans un communiqué, Arkema envisage, grâce à la chimie supramoléculaire, la fabrication de "toutes sortes d'articles qui après s'être cassés ou fissurés, pourraient être réutilisés grâce à l'auto-cicatrisation". "On a deux familles de produits prêts à être mis sur le marché" dont le développement est plus avancé que celui des caoutchoucs, a déclaré à l'AFP Manuel Hidalgo, chercheur chez Arkema. La première concerne les bitumes, qui utilisent comme dans le cas des caoutchoucs des molécules d'origine végétale. La deuxième famille concerne des plastiques faits de molécules plus grandes, associées comme ceux de la première famille par des liaisons moléculaires non permanentes, offrant une meilleure biodégradabilité et dont l'avantage est d'être plus résistants aux solvants.

Ces deux catégories de produits devraient être mis sur le marché "d'ici un à deux ans", selon M. Hidalgo.

commentaires

23/02/08 - 11:31

jean-marie massaud a utilisé ce type de produit pour du mobilier il y a déjà plusieurs années!

23/02/08 - 12:09

ah bon? j'aimerais avoir des précisions. Je n'ai trouvé aucune référence à ça sur les articles le concernant sur internet.

on a souvent créé des matières qui recréaient l'illusion d'une "autoréparabilité", par exemple en superposant différentes couches de matériaux ou en jouant sur la mémoire de forme mais je ne suis pas sûr qu'une matière capable de recréer des liasons moléculaires ait pu être commercialisée "il y a plusieurs années".

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