les "hikikomori"
Incapables de sortir de chez eux, voire même de leur chambre, trois millions de jeunes vivent en véritables ermites au Japon, parfois durant plus de dix ans : les "hikikomori" (ou "socialement exclus") sont une "tragédie nationale", estiment des experts.
Yuichi Kurita avait 19 ans quand il s'est enfermé dans son appartement. Il n'en est jamais sorti pendant 12 ans.Il se réveillait à environ 16H00, prenait son petit-déjeuner dans la soirée, passait la nuit à regarder la télévision et à jouer sur l'ordinateur avant d'aller se coucher dans la matinée.
"J'étais à moitié mort. C'était comme si j'étais pris dans un tunnel noir pendant 12 ans", se souvient Kurita, maintenant âgé de 34 ans.
Les experts évaluent à trois millions le nombre de "hikikomori" au Japon. Selon une étude menée l'année dernière par le gouvernement sur près de 3.300 anciens ermites, environ 17 % d'entre eux se souviennent ne pas avoir été capables de sortir de chez eux. Et près de 10 % de ne même pas pouvoir quitter leur chambre. L'âge moyen des hikikomori est de 26,7 ans et 77 % d'entre eux sont des hommes.

"Les hikikomori sont une tragédie nationale mais le gouvernement ne fait pas tout ce qu'il peut pour résoudre la crise", regrette Tamaki Saito, psychiatre spécialisé dans le phénomène. Plus de 90 % des centres de santé ne savent pas comment traiter un hikikomori, laissant ainsi les parents "dans le plus grand désarroi", souligne l'expert.
"Je ne sais pas ce qu'a mon fils donc je ne peux pas en trouver le remède" : lance Toshio Shimazaki, 61 ans, père d'un jeune hikikomori de 28 ans, reclus depuis six ans. Sumiko Fujimori, 62 ans, mère d'un ermite de 37 ans, se souvient : "Il ne pouvait plus supporter son travail. Un jour, je l'ai trouvé assis sur son lit, le regard dans le vide".
Ce qui pousse à devenir hikikomori reste un mystère, regrette M. Saito : "Selon mon décompte, environ 40 % le deviennent sans aucune raison". Mais la culture confucéenne "encourage les enfants à rester chez leurs parents qui ne pensent même pas à les expulser", ajoute-t-il, précisant que les parents ont souvent les moyens financiers d'entretenir leurs enfants.
M. Kurita a réussi à s'en sortir après 12 ans de réclusion grâce à des cours d'anglais : "J'ai réalisé que je n'avais rien. Mon temps et ma jeunesse était envolés... Je me suis alors dit qu'il fallait que je fasse quelque chose. Maintenant, je rattrape mes années perdues".
09/02/08 - 00:13
Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh c'est ... Ce que j'ai été pendant quelques temps...
Mais les japonais c'est l'extrème (comme souvent)
otaku93