08/02/2008

08/02/08 - 18:09

les soeurs Mitford

L'excentricité a toujours fait partie du mode de vie de la noblesse anglaise. Elle a rarement été poussée aussi loin que par les six soeurs Mitford. Leur père, Lord Mitford avait eu six filles et un garçon, et pratiquait volontiers l'art aristocratique de déplaire. Il refusait systématiquement les invitations à dîner en expliquant qu'il mangeait fort bien chez lui.

Unity, d'abord, qui élève un serpent comme animal de compagnie, décide subitement, en 1933, à 19 ans, de rencontrer Hitler, qu'elle vénère. Elle y parvient, devient une intime du Führer, qui l'utilise à des fins de propagande. Elle porte la croix gammée et multiplie les déclarations antisémites. A l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne, Elle ne supporta pas la relation qu'Hitler entretenait avec Eva Braun et tenta de se suicider. Elle garda alors une balle dans la tête qui causa sa mort quelques années plus tard.

Jessica choisit la voie opposée. Elle épouse Esmond Romilly, un neveu communiste de Churchill, et participe avec lui, du côté républicain, à la guerre civile espagnole. Elle partit ensuite avec lui pour les États-Unis, où elle défendit la cause des Noirs. Elle écrivit plus tard un best-seller, The American Way of Death, dénonçant les pratiques des pompes funèbres. Cet ouvrage lui permit de devenir une journaliste d'investigation pour la presse américaine.

Diana, c'est encore autre chose. Elle épouse d'abord l'héritier des brasseries Guinness, puis Sir Oswald Mosley, le chef des fascistes britannique. Elle est emprisonnée, comme lui, pendant la seconde guerre mondiale et termine sa vie en France sans avoir changé d'opinion.

Deborah est apparemment la plus conventionnelle. Elle devient duchesse du Devonshire et possède, à ce titre, le château de Chatsworth, le plus beau et le plus grand d'Angleterre. Elle ne déroge pas tout à fait cependant au principe mitfordien d'excentricité, puisqu'elle consacre une pièce de son château à Elvis Presley.

Même remarque pour Pamela, qui se marie en noir, et, bientôt dégoûtée des hommes, ne s'intéresse plus désormais qu'à ses animaux.

Nancy, enfin, la plus douée des six, devient un écrivain célèbre et vit une passion malheureuse pour Gaston Palewski, qu'elle a connu à Londres lorsqu'il était directeur de cabinet du général de Gaulle. Elle avait décidé d'appliquer, malgré ce drame intime, la maxime de l'aristocratie britannique : "Ne jamais se plaindre" et de se montrer enjouée, quoi qu'il arrive.

Leur histoire est racontée par Annick Le Floc'hmoan dans Ces extravagantes soeurs Mitford : Une famille dans la tourmente de l'Histoire (Poche)

commentaires

08/02/08 - 22:07

Elles ont toutes une forte personnalité mais j'ai un faible pour la duchesse...

09/02/08 - 04:31

j'ai toujours eu un faible pour nancy mitford qui écrivit frd livres preque autobiographiques remplis de ce flegme et de cet humour british

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